Interview parue dans Var Matin du 18 janvier 2012
18/01/2012 - Revue de Presse
Josette Pons : « Une bataille électorale n'est jamais gagnée d'avance ».
Député depuis 2002, Josette Pons briguera un troisième mandat en juin prochain. Avant de mener une campagne « qui s'annonce difficile » dans une VIe circonscription amputée de sa partie nord, elle présentera ses voeux le samedi 21 juin à 18 h 30 au hall des expositions de Brignoles.
Nous l'avons rencontrée afin d'évoquer cette nouvelle bataille électorale et de revenir sur les moments forts de 2011. Des moments qui lui ont valu des satisfactions mais aussi quelques désagréments...
Le moins que l'on puisse dire est que votre investiture UMP n'a posé aucun problème !
C'est exact. J'avais la chance de ne pas avoir d'adversaire contrairement à certains de mes collègues sortants.
Justement, quel regard portez-vous sur les batailles qui se déroulent actuellement dans les 4e et 8e circonscriptions ?
Dans la 8e, je trouve cela logique. C'est une nouvelle circonscription et certains avaient peut-être envie de siéger au Palais Bourbon depuis quelque temps. Dans la 4e, c'est différent et on se retrouve confronté à un problème de générations. Je pense que Jean-Michel Couve, élu depuis 1986, a fait un excellent travail. Mais on ne peut pas reprocher à un jeune maire de briguer un tel fauteuil. C'est aussi cela la démocratie. Il faut seulement que l'affrontement reste loyal.
Les socialistes ont abandonné la 6e circonscription aux Verts. Est-ce à dire que le combat est gagné d'avance ?
Pas du tout. Aucune élection ne ressemble à une autre et je me garderai bien de faire un tel pronostic. Je mènerai ma campagne comme je l'ai toujours fait, en étant sur le terrain, très proche de mes concitoyens.
De plus, l'élection présidentielle sera déterminante. Si notre candidat est élu, cela se passera mieux qui si nous ne sommes pas au deuxième tour.
Vous craignez, vous aussi, une éventuelle présence du Front national au deuxième tour de la présidentielle ?
Cela serait gravissime mais, malheureusement, il faut tout envisager. Aujourd'hui, quand je rencontre les hommes et les femmes de ma circonscription, je perçois un manque de repères. Donc, ils n'ont pas de vision à long terme. L'avenir leur fait peur. Et dans ces cas-là on se réfugie souvent dans l'extrême. Croyez-moi, les campagnes qui s'annoncent seront très difficiles. Le canton de Brignoles est bien placé pour savoir combien certains candidats saisissent les opportunités qui leur sont offertes.
Avant les batailles électorales, vous avez mené des luttes sur le terrain et, notamment, pour le maintien de l'hôpital de Brignoles. Comment avez-vous vécu cette période ?
Ce dossier a mobilisé beaucoup de personnes et je me suis beaucoup investie tant il fallait réagir vite pour sauver un établissement indispensable au bien-être des populations du centre Var. Le travail réalisé est excellent et, en fin d'année, nous avons eu la joie d'apprendre la pérennisation des 700 000 euros de compensation et le déblocage de la somme d'un million d'euros pour repenser le futur de l'hôpital.
Vous avez mené ce combat au côté de Claude Gilardo. N'était-ce pas contre nature ?
Pas du tout. Lorsqu'il est question de l'avenir du territoire, quand le sort de milliers de personnes est en jeu, il faut savoir faire abstraction des étiquettes. Je n'ai jamais eu le moindre état d'âme et je pense qu'avec Claude Gilardo nous avons fait preuve d'une très grande complémentarité et solidarité. Et cela sera encore le cas dans les semaines à venir, car le combat n'est pas définitivement gagné. Nous ne baisserons pas la garde, notamment au niveau de la convention territoriale que nous refusons d'approuver en l'état.
En revanche, votre position sur la ligne à grande vitesse vous a valu de vives critiques de responsables politiques...
La cause des viticulteurs bandolais et des populations est juste. à la lecture des éventuels tracés proposés par Réseau ferré de France, il était impensable qu'un tel massacre puisse avoir lieu. C'est donc de mon plein gré que j'ai apporté mon soutien. Alors, certains m'ont accusé de faire du populisme. Se battre pour protéger son terroir, pour préserver des hommes et des femmes qui oeuvrent depuis des années pour faire fructifier notre terre, n'est pas du populisme à mon sens. Je ne regrette rien.
Dans les deux cas, l'attitude des techniciens n'est pas irréprochable ?
C'est le moins que l'on puisse dire. Sur le dossier de l'hôpital, nous avons été surpris par le comportement de certains fonctionnaires au niveau régional. En revanche, nous avons trouvé des oreilles attentives au ministère, fort heureusement. Le politique a besoin des techniciens, certes, mais jusqu'à preuve du contraire c'est l'élu qui donne la ligne directrice. Sur le dossier de la LGV, dans sa lettre de cadrage, Jean-Louis Borloo adopte le tracé des Métropoles mais mise sur le tracé existant, privilégie la protection de l'environnement et insiste sur le fait que le fuseau doit éviter les terres agricoles. Au final, rien de tout cela n'a été respecté. Il ne restait donc que la manifestation pour nous faire entendre. Et si c'est à refaire, je le referai.
Quels sont les prochains combats ?
Toujours dans le domaine agricole. Il faut agir très vite contre la libération des droits de plantation. Si ce projet de loi européen voit le jour, ce sera une véritable catastrophe pour notre viticulture. Fort heureusement, le ministère de l'agriculture est à nos côtés et nous avons convaincu des pays européens tels que l'Espagne de nous rejoindre dans la lutte. Comme nous l'avons fait pour sauver le rosé, nous devons tout mettre en oeuvre pour obtenir gain de cause. En revanche, sur le comité de bassin, j'ai bien peur que les viticulteurs varois n'aient pas gain de cause. L'association avec les produits issus du Rhône est conçue pour une meilleure lisibilité à l'exportation. Je suis plus pessimiste sur ce dossier.
Propos recueillis par Alain Revello
arevello@varmatin.com
Interview Josette Pons sera, de nouveau, la candidate de l'UMP dans la VIe circonscription. Hôpital de Brignoles, ligne à grande vitesse et intercommunalité sont des dossiers qui lui tiennent à coeur
Photo crédit Frank MULLER
Var Matin
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Interview de Josette PONS dans le quotidien var matin du 18 janvier 2012 (704.38 Ko)
