Tribune de Josette Pons dans le quotidien Var Matin

28/02/2011 - Revue de Presse

Josette Pons signe une tribune sur l'agriculture parue dans le quotidien Var Matin du 27 février 2011 titrée "Il ne faut pas opposer agriculture de proximité à l'agriculture intensive"

 

« La plus grande ferme de France » est en train de fermer ses portes, les derniers visiteurs s'en vont..

Le Salon international de l'Agriculture 2011 aura une fois de plus  atteint ses objectifs en matière de fréquentation. Les Français aiment leur agriculture et continuent à manifester une grande estime  pour leurs agriculteurs.

L'agriculture française est la première en Europe, elle représente 14% du PIB National. Numéro 1 en Europe elle contribue à 18% de la production agricole européenne. Par exemple : 1er rang européen pour le blé, 1er rang mondial pour le vin et 3ème rang mondial pour le lait.

Mais quelle est la réalité du quotidien pour les agriculteurs français ?

On constate que :

  • le nombre d'exploitation agricole est en baisse, depuis 2005, il diminue de 3% par an. 770 000 personnes soit 3,3% des actifs français travaillent en permanence sur les exploitations agricoles professionnelles, il y en avait 938 000 en 2000.

 

  • La population agricole vieillit: 18% des exploitants ont plus de 55 ans. 50 % sont âgés de 40 à 55 ans32% sont âgés de moins de 40 ans dont 10 % seulement ont moins de 35 ans

 

  • La moitié du territoire français est exploité par l'agriculture et les agriculteurs façonnent toujours le paysage.

 

La politique agricole commune (PAC) est née des besoins alimentaire de l'après guerre. Il fallait produire pour nourrir.

La Pac a transformé l'outil agricole en France. Elle conditionne la production agricole.

Aujourd'hui l'agriculture doit répondre à d'autres impératifs.

 

La politique agricole commune 2013 doit faire face à de nouveau défis, à des besoins pressants pour l'alimentation mondiale. En 2020, la planète comptera 7,5 milliards d'habitants, en 2050 : 9 milliards.

L'agriculture devra répondre à des exigences alimentaires qui évoluent et au changement climatique qui obligera à revoir les modes de production.

L'agriculture ne se réduit pas à un objectif quantitatif alimentaire mais elle a l'obligation de remplir d'autres fonctions pour l'environnement en permettant de faire vivre le monde rural.

La route est longue, nous ne sommes pas au bout du chemin. Les responsables politiques et agricoles doivent maintenir le cap. Le cap de la production, le cap de la qualité, le cap de la protection de l'environnement.

 

Les agriculteurs savent également que les variations des cours mondiaux font et refont l'actualité sur leur prix de vente, pendant que les consommateurs se demandent pourquoi ils paient leurs produits alimentaires si chers.

Tous les regards se tournent vers la PAC pour qu'elle remette de la régulation dans tout cela. C'est aussi l'objectif du G 20 : garantir les agriculteurs européens et français contre la volatilité excessive des prix.

Comment devons nous regarder l'agriculture ?

Il ne faut pas opposer l'agriculture de proximité à l'agriculture intensive.

Le monde paysan se présente en réalité sous une grande diversité et un nombre croissant d'agriculteurs sont concernés par les problématiques environnementales. Ils sont les premiers à mettre au point de nouvelles pratiques de rotations pour éviter l'épuisement des sols et les premiers à se convertir au BIO.

Il ne faut pas opposer qualité et quantité.

La qualité gustative des produits a une valeur patrimoniale.  C'est l'identité française avec ses appellations d'origine contrôlées, ses régions, ses territoires à l'image des produits du terroir, vins, fromage, viande, les circuits courts ...

Que doit apporter l'Europe aux agriculteurs ?

Il ne faut pas oublier que les agriculteurs français sont soumis à une concurrence européenne sans merci, et ils sont les premiers à devoir s'adapter aux règles européennes administratives complexes. Il faut que tous les Etats Européens avancent au même rythme et que les règles soient appliquées partout de la même façon, il faut harmoniser les règles européennes. Les agriculteurs français ne peuvent supporter des règles sanitaires très strictes, défendre le bien être animal, ou protéger l'environnement, si nous acceptons d'ouvrir nos frontières à des produits agricoles ne respectant pas les mêmes règles. C'est de la concurrence déloyale, que nous devons interdire.

Face à toutes ces réglementations nationales et  européennes  auxquelles les agriculteurs sont soumis, nous ne pourrons préserver notre agriculture et nos agriculteurs que si nous protégeons le foncier agricole. La conservation du foncier agricole est vitale pour la constitution ou la sauvegarde d'exploitations agricoles viables, et pour l'installation et le maintient d'hommes et de femmes en agriculture. C'est un enjeu économique et environnemental. Tous les acteurs concernés doivent entrer dans cette logique.

 

 

Josette Pons

Député du Var

Vice-présidente du Conseil Général

 

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